... les autres brèves
Prolonger les adieux ne vaut jamais grand-chose (Bibesco, Le Sapin et le Palmier)
J’allais à Tokyo et y restais un moment, passant les journées à marcher dans le parc, arrêtant les gens dans la rue et leur parlant, dormant ici et là. Mon ami était inquiet et vint voir comment j’allais « Est-ce que tu n’es pas en train de vivre dans un monde de rêve ? Un monde d’illusion ? » me demanda-t-il, « Non » répondis-je, « c’est toi qui vis dans le monde du rêve ». Quand mon ami se tourna vers moi pour me dire au revoir, je répondis quelque chose comme « Ne dis pas au-revoir. Se séparer est simplement se séparer. » Mon ami sembla avoir abandonné tout espoir.
Je quittais Tokyo, passait par le Kansai et allais dans le sud jusqu’à Kyushu. Je me plaisais, entraîné par le vent d’un endroit à l’autre. j’interpellais beaucoup de gens sur ma conviction que rien n’a de signification ni de valeur, que chaque chose retourne au néant.
Mais c’était trop, ou trop peu, à concevoir pour le monde quotidien. Il n’y avait pas la moindre communication. Je pensais que l’idée de l’inutilité était d’un grand bénéfice pour le monde et particulièrement le monde actuel qui se meut si vivement dans la direction opposée. A vrai dire j’errais dans l’intention de répandre la nouvelle dans tout le pays. Le résultat fut que, où que j’allasse, on m’ignorait comme un excentrique. Aussi retournai-je à la ferme de mon père à la campagne.
La révolution d’un seul grain de paille, 1975
BoZeL’écologie est de proche naissance...
Fin du XIXeme siècle, le positivisme est plus qu’une idéologie : c’est le paradigme saturant toute représentation, toute pratique, qu’elles soient sociales, politiques, mystiques, etc. Qu’elles soient révolutionnaires, réactionnaires, libérales...
C’est l’avènement des approches holistiques née de la volonté de tout comprendre, de tout embrasser d’une même volée. Derrière l’argument apparemment neutre de la description et de l’analyse se loge le postulat tenace de la maîtrise absolue. Les sciences - exactes, molles, humaines - s’inscrivent dans une même tentation de pouvoir anticiper, prévoir, décider d’éléments qui jusqu’alors apparaissaient à juste titre hors de portée et confiés aux bon soins du mystique.
Ces nouvelles approches du monde sont la manifestation péremptoire de cette idée forte que la pensée et les outils qui en sont la prolongation peuvent se rendre maître de l’ensemble ; c’est alors une double capacité qui s’élabore : une humanité toute puissante et par voie de conséquence capable de s’auto-déterminer. Le mirage du progrès, le mirage d’une société à venir enfin aboutie.
L’écologie est exemplaire : la volonté d’embrasser dans une même discipline l’élément naturel et l’élément humain pour l’édification d’une science totale et multidisciplinaire.
Écologie : science ayant pour objet les relations des êtres vivants avec leur habitat, et entre eux.
L’écologie enferme un étrange paradoxe : elle s’élabore en contradiction à une vision anthropo-centrée qui place l’humanité comme fleuron du monde vivant, rendu maître du monde minéral. Elle replace l’humain dans l’abysse de son milieu naturel. Et pourtant ses prétentions en font une des manifestations de cette arrogance caractéristique de nos sociétés capitalistes : l’illusion d’une modélisation infaillible de l’ensemble des processus n’ayant finalement d’autre objectif que d’en tirer bénéfice.
Le positivisme s’impose en tant que capacité totale et infinie de l’humain avec la science pour le servir : le scientisme et son cortège bureaucratique.

L’écologie politique est le prolongement de la posture scientifique. Si la science affirme avec véhémence sa neutralité pour consolider la citadelle contre les aléas du social et les éventuelles critiques radicales, elle se donne bien l’objectif d’influencer de façon déterminante le cours de l’histoire (ce qu’elle fait effectivement, dans le désordre le plus pur) ; en mettant à disposition des outils de pensée, des techniques et des machines à celles et ceux bien disposés à s’arroger le pouvoir exorbitant d’agir pour le bien commun, à la place de tous et en leur nom.
L’écologie en tant que science œuvre dans l’approximation : ce qu’elle prétend décrire, comprendre, prévoir, dépasse de loin les capacités de formalisation de l’outillage scientifique ; et l’informatique n’y pourra probablement pas grand chose, l’objet d’étude flirtant avec multitudes d’infinis sans cesse renouvelés. L’écologie politique ne s’embarrasse pas de ces apories et reprends à son compte ce que la science élabore de plus fragile et contestable. C’est non plus le monde biologique et ses multiples interactions mais le monde social qui devient objet de spéculation. Et si les scientifiques ont encore la politesse et l’hypocrisie de s’estimer inférieurs à leurs objets d’étude, en retrait (la « neutralité du chercheur », postulat ridicule que les sciences humaines reprennent avec conviction), le penseur de politiques n’a pas les mêmes égards : il revendique sa place de concepteur de mondes - la radicalité de sa posture important finalement peu en la matière.
Le caractère possiblement révolutionnaire de l’écologie politique se voit contraint par la nécessité d’œuvrer dans un univers sur-déterminé par les présupposés du positivisme : la capacité de modifier l’existant par une approche rationnelle, globale et programmatique.
Bien évidemment, l’écologie n’est pas la seule à verser dans ce genre de mystique. Des vulgaires réformateurs aux plus virulents des contestataires, rares sont celles et ceux qui se dépêtrent de cette prétention à savoir mieux que les autres quel monde il faut pour le bon peuple ignorant.
L’insertion actuelle des thématiques « environnementales » dans les dynamiques du capitalisme contemporain ne consiste pas en une simple récupération, mais traduit bel et bien la communion de pensées reposant sur des postulats partagés : l’idéalisme de la connaissance totale, l’arrogance de la maîtrise.
BoZe

Avec la bénédiction des franges réactionnaires, l’aide de l’argent US, de la CIA et des mafias patronales, il organise le désarmement des FFI, brise les grèves, favorise les staliniens aux dépends des base syndicales, installe les politicards complaisants aux manettes - les collabo restent à leurs postes. Le monde populaire traversée par la fièvre communiste rend les armes et se remet au travail. Le Conseil National de la Résistance comme un vestige du possible.
Fin des années 50 : la guerre d’Algérie. Alors que le gouvernement français chancelle sous la pression algérienne, De Gaulle utilise ses relais dans l’armée pour instrumentaliser les contingents Algériens anti-indépendantistes. Les militaires venus d’Alger débarqués en corse menacent directement le gouvernement parisien de putsch. Ce dernier cède et donne le pouvoir à De Gaulle qui de sa phrase célèbre "je vous ais compris" adressée aux français d’Algérie, immortalise la duplicité de l’animal.
Fin des années 60 : sous prétexte d’indépendance française, De Gaulle quitte l’OTAN. Libéré des contraintes de la non prolifération imposées par les traités internationaux, l’État français organise la diffusion de la science nucléaire. La technologie et les savoirs sont américains, les enjeux stratégiques également : la guerre froide est de rigueur, l’indépendance attendra.
Fin des années 2000 : les stratèges de l’État entendent mettre les écrits de De Gaulle au programme des Terminales Littéraires. "Mémoire de guerre" comme élément central de la pensée occidentale.
On s’interroge...
BoZe
L’anarchie en principes
Le communisme en pratiques
La perspective d’un avenir et sa formulation, son élaboration, ne sont que les prémices de la doctrine.
En plus d’une réduction grossière de la réalité, cette opération intellectuelle se révèle inévitablement démentie par le cours de l’histoire.
A cette question si souvent posée :
que proposes tu ?
Il n’est pas de réponse à avoir.
S’il est indispensable de saisir l’ensemble - dans l’espoir de le changer - on ne peut faire autrement que de commencer par soi-même, la seule chose sur laquelle on peut avoir une emprise.
Bouleverser nos matrices intérieures, et c’est alors le monde autours qui se recompose.
Et pour cela, point besoin de proférer : provoquer la rencontre suffit - se révéler par confrontation à autrui.
Si le nombre permet beaucoup, il ne détermine pas tout. La qualité du lien est la condition nécessaire : la possibilité immédiate d’autre chose.
L’autorité ne craint pas les foules en tant que telle, elle craint la détermination, fût-elle l’obscur projet de quelques-uns.
Je propose l’anarchie et ses principes.
C’est-à-dire ?
La perspective d’un nouveau regard : s’affirmer et converger.
A celui ou celle qui entend baliser la route et convertir, il faut lui dire : ton pouvoir est bien en deçà de ce que tu prétends, et de nos destinés, nous ne te laisserons pas en disposer.
Les autres ne sont pas des sujets, mais notre possible libération : apprenons au lieu de savoir.
Les autres suivront - peut-être, parfois.
BoZeSarkozy ! Ecoute ! tous tes copains aussi, à Areva, à EDF ! C’est le moment où jamais de renoncer au délire nucléaire ! Les révélations que nous venons de découvrir sont exorbitantes. (voir notre extrait en bas d’article et sa source ici)
Nous ne voulons plus, nous autres Français, au nom de la France, vendre une technologie avec un tel niveau de risque pour les humains.
Nous savons trop que la technologie nucléaire, aussi sécurisée qu’elle puisse être, ne sera jamais complètement sûre ! Vous nous répétez d’ailleurs toujours plus fort que "le risque zéro n’existe pas", comme si vous vouliez nous préparer à de nouvelles catastrophes. Le pire est que vous aurez raison : il est sûr que des hommes et des femmes périront tôt ou tard dans un nouvel accident nucléaire. Comment, statistiquement, en jouant avec de tels niveaux d’énergie, pourrait-il en être autrement ?

Voici le texte de conclusion d’un article d’un présumé technicien d’EDF ayant fuité :
" L’EPR d’Areva est un réacteur inexploitable sans de notables impasses sur la sûreté. Il n’est pas conforme au Rapport de sûreté concernant la chute des grappes (AAR) en cas d’accident grave (EDG) ; le matériel n’est pas classé pour les accidents induisant plus de 1% de crayons combustible cassés. Pourtant, un récupérateur de corium est censé collecter la fusion de 100% du cœur... Malgré des modifications majeures du pilotage réalisées sans aucune transparence, EDF va prendre des risques inconsidérés pour tenter de rentabiliser à tout prix son investissement. Sans « RIP », l’EPR pourrait être exploité à perte. Avec « RIP », l’EPR pourrait conduire à notre perte. "
source : www.sortirdunucleaire.org
xaRépliques, France culture du 27/02. Sujet : principe de précaution. Invités : F. Ewald [dont je décline les titres de noblesse dans ce qui suit], et Olivier Godard, Directeur de recherche au CNRS.
A un moment de l’émission, il fut question de la téléphonie mobile, par le biais du jugement donné par la Cour d’appel de Versailles début 2009 qui avait provoqué le démontage d’une antenne relais près de Lyon.

Une minute après, pour ceux qui auraient cru entendre autre chose, l’auteur reprend le même raisonnement et généralise : "le fait qu’on soit placé dans une situation de précaution, c’est donc qu’il y a une incertitude, que cette incertitude légitime une angoisse, et que donc il est tout à fait normal que le plaignant soit angoissé"
Ne connaissant pas les diverses activités de M. Ewald au moment de l’émission, je me dis qu’une telle lecture ne pouvait être que celle d’un manipulateur, à moins d’être celle d’un abruti.
Car les riverains des antennes n’invoquent pas du tout une quelconque "angoisse", mais bien "des maux de tête violents, des palpitations cardiaques". Disons-le vertement, les gens qui souffrent dans leur chair des champs électromagnétiques pulsés (qui sont nombreux, et sont recensés par ) se foutent pas mal de l’angoisse générée par le principe de précaution ou par son application !
Ewald lâchera pourtant peu après que concernant la technologie de la téléphonie mobile, "toutes les autorités constatent qu’elles ne comportent par ailleurs aucun risque".
Etrange déni du principe de précaution ! Et en même temps, flagrant délit d’incohérence, puisque quelques minutes auparavant le même nous expliquait la "situation de précaution" qui entourait l’installation des antennes par le Gouvernement...
Mais, après une rapide recherche biographique, il apparaît que notre homme n’est pas le sage désintéressé que pourraient évoquer son titre de philosophe, ou de président de l’Observatoire du principe de précaution. En effet, le même homme est aussi, à ses heures perdues, membre du Comité scientifique et éthique d’AREVA, et membre du Conseil d’Administration de l’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM). Toutes activités inconciliables, faut-il le dire, avec une position d’observateur (impartial) de l’application du principe de précaution.
Traduisons simplement que F. Ewald est "Monsieur Précaution" pour les lobbies industriels français !
Sachant cela, faisons un dernier et rapide retour sur l’émission. Disons qu’un "lobbyiste" fasse ce pour quoi il est payé ne pose "pas de problème particulier". Ce qui par contre est tout à fait regrettable, c’est que personne ne lui donne vraiment la réplique....... Car en guise de contradiction, nous n’avons eu qu’une surenchère sur la forme, en l’occurrence une discussion de principe sur un principe... dans une émission où la contradiction a, par excellence, droit de cité.
Alors : est-ce que c’est en connaissance de ses activités de lobbying industriel qu’Alain Finkielkraut a invité FE ? Est-ce que, par exemple, AF a lu le rapport de FE intitulé "Un grand Désarroi, l’expérience du principe de précaution par les industriels", dont le titre seul fait frémir...... http://www.o-p-p.fr/ rubrique "industrie"
Toutes questions dont nous aimerions pouvoir publier prochainement les réponses.
xaJe suis d’accord pour construire des systèmes parallèles, favoriser l’entraide, la constitution de dynamiques collectives et de groupes autonomes... En résumé : expérimenter le commun en se débarrassant autant que possibles des tutelles étatiques ou économiques, dans l’idée de vivre ensemble débarrassé de toutes les hiérarchies. L’anticapitalisme, si l’on veut.
Je constate aussi la fâcheuse tendance qu’a toute organisation (prise au sens large : "d’être ensemble") de rejeter les forces qui la contestent, qui ne vont pas dans la même direction ou par des chemins différents. Plus encore, le problème est d’ancrer la dynamique collective sur ce seul rejet. La xénophobie est exemplaire en ce sens. Mais l’anticapitalisme n’est pas indemne.
Les dynamiques organisationnelles (stratégiques) se constituent et s’enferment trop souvent sur la base de quelques repères idéologiques d’opposition fictive à un extérieur vaguement défini et souvent caricatural. On identifie une figure de l’ennemi politique qui permet de se distinguer (comme on définirait la figure de « l’étranger », ou encore celle de « l’ennemi intérieur ») ; et c’est autours de ce rejet qu’une « identité » positive se constitue, à travers une sous-culture dont le mobile serait la production de signes distinctifs (discours, pratiques, symboles...).
C’est alors un ensemble de différences figées et naturalisées qui donne la substance et le motif du regroupement. Sur la base d’une hétéronomie fondamentale. Cette hétéronomie pose problème. La reconnaissance de la différence (et par suite des contradictions qui lui donne vie) comme fondement du politique est primordiale : il s’agit que les individus puissent vivre ensemble sans se dominer outrageusement sur la base de ces différences inévitables.
Il est évident qu’être ensemble s’élabore selon certaines affinités ; mais le collectif ne se réduit pas à cela, et heureusement : faudrait-il savoir séduire ou démontrer pour être réputé comme un allié ? C’est pourtant ce qui se passe effectivement dans nombre de regroupements. L’idéal socialiste n’est pourtant pas celui-là.
Pour ce qui m’intéresse ici : cette forme possible de ségrégation à partir d’une construction identitaire douteuse, la catégorie du « révolutionnaire » la porte à merveille.
Il s’agit d’en finir avec cette représentation triviale de la révolution qui sépare irrémédiablement celles et ceux qui la revendiquent et celles et ceux que l’on suppose silencieux, passifs ou réactionnaires ; et non pas seulement parce que c’est idiot, mais aussi pour ne pas sombrer dans l’isolement auquel confine spontanément toute activité d’émancipation. Cet isolement est non seulement difficile à gérer, mais il offre aussi une belle cible aux techniques de répression.
Le replis et la défiance passent toujours par une réduction de la réalité, et donc du langage. L’usage des symboles est utile à ces fins. Il apporte aussi quelques facilités : l’identification rapide. Mais cette simplification pose le problème de la caricature d’un mouvement complexe, multiforme et autrement plus subtil que la vision grotesque d’anarchistes masqués en train de scander des slogans. Lorsque qu’il constitue l’unique fondement du collectif, ce simplisme devient nuisible, non seulement en facilitant la tâche des faiseurs d’opinion avides de discréditer pour masquer tout contenu politique, mais bien plus en neutralisant la nécessaire critique des dynamiques émancipatrices où certaines tendances autoritaires ou discriminatoires s’établissent, protégées par le recours facile à quelques rhétoriques considérées un peu vite comme garanties suffisantes. Ainsi l’antiracisme « oublie » la lutte des classes, le féminisme « oublie » le racisme, les marxistes « oublient » les deux précédents, etc. Oublis qui n’en sont pas, qui permettent entre autre de préserver les hiérarchies et les sphères d’influence intactes.
Le gauchisme est la caricature de cette tendance, l’anarchisme la porte de façon moins visible ; mais sous couvert d’auto-organisation, de libre initiative et de pseudo pureté, il tombe facilement dans la posture a-critique, qui consiste à se faire le juge de tout ce qui existe - pourquoi pas ? - sans daigner admettre que cette critique touche aussi celles et ceux qui la formulent. Et l’on s’étonne du peu d’attrait du milieu révolutionnaire : incarnations auto-proclamées, arrogantes et méprisantes, dont la naïveté du discours en fait rire plus d’un.
Il faut être en mesure d’admettre que tout autant que les autres, les anarchistes sont soumis à des normes qui traversent l’ensemble du corps social : marchandise, isolement, autoritarisme, rapports de classe, de sexe, de race, etc.
Rien ne sert de stigmatiser celles et ceux qui ne sont pas végétariens, ou qui aiment le football à la télé... Il ne s’agit pas d’accepter le bien fondé de ces pratiques, mais de comprendre qu’elles ne relèvent pas simplement du libre choix ou d’une quelconque intelligence. Afin d’éviter de sombrer dans un moralisme impuissant - tel que peut le faire un "révolutionnaire" se sentant digne de juger son voisin pour ce qu’il est ou ce qu’il fait - il s’agit de garder la focale sur les déterminants politiques et sociaux qui imposent ces pratiques, non seulement à l’ensemble, mais à chacun de nous, que l’on soit réactionnaire ou anarchiste.
Les conséquences pour les uns et les autres ne sont pas les mêmes, mais c’est une autre histoire, notamment celle que les marxistes problématisent par le concept de "classe sociale". Et si l’on peut contester l’absolue pertinence du concept ou ses apories majeures, on ne peut s’affranchir de ce qu’il postule : la société n’est pas un agrégat indistinct, ni même en décomposition - et nos existences sont toutes à la fois produit et producteur d’une réalité qui est défini notamment par la distribution sous contrainte de propriétés sur les gens et les choses, sur la base de fonctions discriminantes (capital, culture, race, sexe, etc). C’est de là qu’il faut partir.
Le mouvement révolutionnaire actuel prône la solidarité tout en se défiant de la plupart. Il invite à adhérer à des propositions tout en maniant l’insulte du bourgeois prolétaire consommateur, amorphe ou stupide. Pour finalement aboutir à la critique simpliste qui stigmatise celles et ceux qui « ne sont pas comme nous » - c’est-à-dire celles et ceux qui nous ressemblent effectivement beaucoup trop, et que la critique permet de rejeter dans un ailleurs dont on aimerait se voir indépendant. Il s’agit d’en finir avec cette illusion que l’on peut être en dehors, qu’il suffise de faire les bons choix, qu’il s’agisse de courage, de clairvoyance, etc. C’est la seule raison d’être révolutionnaires aujourd’hui : parce que justement cette liberté là nous est impossible, cette responsabilité nous est confisquée. Celles et ceux qui regardent TF1 sont pleinement conscients de cette limite que la réalité impose. Il s’agit de trouver les moyens de toutes les libérations, en premier lieu à partir de nos pratiques et de nos limites, et non de s’affranchir de cette (parfois pénible) expérience en se reposant sur une critique qui ne nous concernerait plus.
un texte intéressant ici
BoZePar quel mécanisme l’étant se combine avec sa contestation ?
Par quel mystère le système productiviste actuel - le capitalisme - se conjugue t-il aussi facilement avec les sujets même de son opposition ?
Ou encore : comment affronter ce qui est en cours sans encourager la mécanique ?
Cette question est au cœur de la critique faite à l’émeute et plus généralement à toute forme sauvage de réappropriation, de sabotage ou de contestation.
Elle fait aujourd’hui l’actualité - souvent dans le pire (de son traitement).

Dans les années 70, les combats de rue n’étaient pas rares, les recours au sabotage fréquents, et diverses formes de contestations se passaient de toute voie légale pour affirmer un objectif : la mise à mort du système capitaliste. Recouverte d’une snobe commémoration faisant de 68 une libération de la pornographie, on a aujourd’hui du mal à penser cette époque comme elle le fut vraiment : proprement révolutionnaire (en France notamment : la plus grande grève sauvage de l’histoire contemporaine).
Les commentateurs ont eu vite fait d’enterrer cette intensité parcourant l’ensemble des sociétés industrielles, en tirant une rapide conclusion : l’extrémisme révolutionnaire est une mauvaise stratégie. La première entourloupe sémantique pour aider à poser ce constat sans appel fut d’englober la multiplicité des pratiques et des doctrines de l’époque en un seul mot : la violence. La puissante contestation émergeant en plusieurs points du globe fut réduite à cet unique canal, mot évocateur agissant dans l’émotif, mais dépourvu de toute capacité d’enseignement sur ce qui s’est réellement joué.
Nous apprenons que "le recours à la violence" (il n’est jamais expliqué : cela va de soi, comme toute fumisterie qui s’impose) est une voie sans issue, et qu’il suffit de constater les conséquences pour s’en convaincre : achèvement de la contestation, effondrement des utopies, victoire complète du capitalisme le plus sauvage ; je dirais : du capitalisme dans sa forme pure : la loi de ceux qui possèdent.
La thèse de « l’erreur » est soutenue par une grande partie de l’élite intellectuelle qui à l’époque se considérait comme à la pointe du gauchisme radical et qui a eu vite fait de se recycler dans des secteurs d’activités plus traditionnels : services de l’Etat, partis politiques, médias, recherche universitaire, consulting, sciences sociales, etc. Cette reconversion aide en partie à mieux comprendre pourquoi la thèse de l’erreur est si puissamment relayée et si peu critiquée. Celles et ceux qui sont aujourd’hui maîtres de l’appareil à penser légitiment ainsi leur trajectoire qui a consisté à devenir commentateurs éclairés de la triste défaite en acceptant les règles que le capitalisme victorieux leur imposait. Leur supposé renoncement révolutionnaire (combien étaient sincères ?) est présenté comme l’évidente intelligence d’avoir compris les limites de l’opposition frontale au système.
Il est pourtant une raison simple qui pourrait expliquer l’échec de la tentative révolutionnaire des années 70 : elle n’était pas assez forte. Ou plus sûrement, ce qu’elle combattait était trop puissant. En faisant reposer la défaite sur les épaules de celles et ceux qui ont combattu, on oublie un peu vite les moyens par lesquels l’Etat a vaincu. En Italie, où le mouvement autonome était populaire et puissant, les services secrets n’ont pas hésité à faire péter des bombes aux heures de grande affluence pour ensuite justifier l’emprisonnement arbitraire de milliers d’opposants. Aux USA (et Europe), l’introduction subite d’héroïne à dose massive et bon marché dans les milieux radicaux fut une belle idée. En Allemagne où la très populaire bande à Baader œuvrait à la sape du pouvoir, les membres emprisonnés ont tout simplement été assassinés ; De même que les leaders des Black Panthers aux USA, liquidés par les petites mains du pentagone.
Bien plus que ces quelques manigances sordides, il faut comprendre la force d’une autorité, et la faiblesse d’une population encore baignée du tout confort industriel (et son mirage).
Erreur ?
La question se repose aujourd’hui. Car si l’illégalisme, le recours à l’émeute, au sabotage et autres activités subversives n’ont jamais disparu, même en Europe, ils font leur réapparition en tant que stratégie offensive. Au delà des contestations "défensives" visant à protéger des acquis, l’illégalisme et l’action directe sont aujourd’hui motivés à nouveau par des formes positives de pensée : changer le monde.
Il s’agit d’envisager cette activité qui se veut libératrice autrement qu’en l’enfermant immédiatement dans l’idée naïve que « cela a déjà été fait ». Ou sortir de l’impasse de la disqualification de pratiques dites violentes en des termes moraux [La violence n’est pas d’abord une « catégorie morale », mais un rapport social - dixit : Claude Guillon ]
Car bien évidemment, le recours à la loi, aux médias, et autres gymnastiques réputées tolérées par les foules républicaines sont elles aussi des choses qui ont déjà été faite. Et l’on voit bien - sans parler d’erreur - que cela ne suffit pas.
BoZeSur ce spot. Pourquoi l’État a-t-il besoin de la publicité ? L’Etat a-t-il quelque chose à vendre (la place de ses élus actuels) ? Aurait-il quelque chose à cacher (qu’il traite le problème de manière réprochable) ?
Ce "spot" reste en tout état de cause, tout à fait effarant. Voir le monde prétendument "ancien" (celui des années 2000) labouré, littéralement retourné par blocs entiers, m’a tout de suite fait penser aux nanotechnologies et au désir de contrôler et de réorganiser la matière, y compris la matière vivante.

Je ne vois pas comment les inventeurs de ce spot ont pu échapper à ce point à ce qu’un tel labours du monde évoque de débauche d’énergie...
La terre à ce point malmenée ne peut que faire penser (quelqu’un de sensé) à la perspective contraire : la catastrophe que le Grenelle n’évitera pas.
xaDes Américains qui ont faim. Pas 50 000, ni 100 ou 200 mille, mais des dizaines de millions de foyers ont connu des restrictions ou des modifications importantes de leurs régimes alimentaires. Lire ici et ici pour la source originale.
Le rêve américain en prend tout de même un sacré coup.

on va travailler moins dans la fonction publique, pour dépenser moins ;
et on réduira aussi les prestations aux handicapés, le sport à l’école, les classes vacances, etc. (même source que précédente)
on va peut-être légaliser la marijuana pour combler le déficit public
Arizona, Connecticut, Kentucky, Mississippi, Caroline du Nord, Ohio et Pennsylvanie connaissent des problèmes similaires. Ok, sherif, je me rends : je ne comprends plus rien au monde d’aujourd’hui.
xaPartant de quelque lecture tirée du pompeusement nommé et néanmoins excellent Institut métapsychique International, j’en suis revenu à ces sujets, toujours aussi importants pour moi (même si peu fréquentés), de "personnalité en lien avec l’univers"....
Eh bien il semble que la recherche en psychologie de la personnalité avance justement vers le "fait cosmique". Je me suis donc aperçu, à la lecture de cet article, non seulement de ma propre inculture sur cette progression, mais plus "localement", qu’on était bien en train d’établir une corrélation statistique entre le mois de naissance, ou plutôt, au stade où nous en sommes, entre la saison, et des traits de personnalité.
Résumé de ce qui a été montré par cette étude : "In both genders and in all age groups, birth during the summer half-year was associated with significantly higher belief in being lucky, as compared to birth during the winter half-year, with a maximum around birth in May and a minimum around birth in November."
Quelques passages traduits : "il est désormais établi [grâce à un ensemble d’études qui précèdent] que la saison de naissance est corrélée à divers troubles neurologiques comme la schizophrénie, épilepsie, les tumeurs au cerveau. (...) L’influence de la saison de naissance sur l’évolution du cerveau est également étayée sur des études concernant le renouvellement de la monoamine (un neurotransmetteur). Sur un groupe de patients atteints de troubles de l’anxiété (Suède), on a puy établir une corrélation entre ces troubles et trois métabolites : le HVA, le 5-HIAA et le MHPG dans le fluide cérébro-spinal (CSF). Les niveaux de HVA et de MHPG ont en effet montré un maximum pour les personnes nées en novembre-décembre et un minimum pour celles nées en mai-juin. On considère généralement que la quantité de ces métabolites est directement responsable d’un meilleur renouvellement des neuro-transmetteurs correspondants. une étude plus récente menée aux US confirme que des enfants nés en novembre-décembre montrent des taux de HVA et MHPG supérieurs.

D’autre part, différents traits de la personnalité ont été corrélés différents neuro-transmetteurs ; un faible renouvellement de la sérotonine est associé à l’impulsivité, l’agressivité, ou des traits correspondant à l’anxiété tels que le névrosisme et les conduites d’évitement du danger (harm avoidance), alors que le faible renouvellement de la dopamine induit plutôt des conduites d’exploration et de recherche de la nouveauté.
En utilisant le système de personnalité TCI, on a montré que les personnes nées en hiver étaient moins concernées par des traits comme la recherche de la nouveauté, en comparaison des personnes nées en été.
Le sentiment d’avoir de la chance, correctement corrélé au NEO FFI (five-factor personality inventory), tout comme la capacité à croire en soi-même [gnre méthode Coué], sont positivement plus fréquentes (statistiquement parlant) pour les personnes nées en mai-juin et positivement moins fréquentes pour les personnes nées en novembre-décembre.
xa