(Copenhague). "Si l’allocation de carbone prenait acte de cette règle de la dette cumulée per capita dans le temps, cela mettrait les pollueurs historiques devant une réalité intenable : ils ont, de fait et définitivement, déjà entièrement consommé leur allocation de carbone". (citation d’un très bon texte de bilan de Copenhague d’Agnès Sinaï dans Actu Environnement)
(Appel des appels (relance)). L’"appel des appels" (voir le site ici) est relancé avec un texte frappant juste. Citation : "La sévère discipline d’une concurrence de tous contre tous impose à chacun de faire la preuve à tout instant de sa conformité aux standards de l’employabilité, de la productivité et de la flexibilité."
vazi, chope ! ... les autres brèves
Avant tout pouvoir explicite, et, beaucoup plus, avant toute domination, l'institution de la société exerce un infra-pouvoir radical sur tous les individus qu'elle produit (Cornélius Castoriadis, Les Carrefours du labyrinthe - 3, Le Monde morcelé)

Derniers articles

  • 19 juin:  Yanqui UXO  Deux rares chroniques francophones ici et pour un album assez unique en son genre, au croisement entre Mogwai(pour les guitares lancinantes et la "simplicité" apparente de certains thèmes), Tortoise (pour l’astuce générale des compositions, rythmique et cyclique) et Pink Floyd-période-Ummagumma (pour les ambiances volcaniques, souterraines, mais aussi pour le parfum de mysticisme.

    Vous trouverez, dans cet album quelques glissements de terrains harmoniques inédits (M=R part 2, à partir de 3’55 ). De la "grandeur" (Rockets fall 16’50). De l’angoisse, subreptice (09-15-00 vers 7’), cinématographique et mise en scène (Rockets fall 6’50), parée au déchaînement (09-15-00 vers 8’), comprenant montées en puissance fort maîtrisées. De la tristesse désabusée mais non dupe d’elle-même (intro de Rockets fall). De la grandeur révoltée (4’40 Rockets fall, M=R part 1 vers 7’20). Mais aussi de la compréhension (M=R part 1 à partir de 9’00). Mais ce qui a achevé la fétichisation de cette oeuvre pour mon cerveau, c’est l’allusion anticapitaliste qui sillonne l’oeuvre de GYBE (ici la pochette arborant un drône fantomatique, le titre désignant assez clairement de quelle superpuissance il s’agit, et la jaquette griffonnant les relations entre les majors de l’industrie musicale et l’industrie militaire). Salutaire. xa


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  • 7 juin:  De Gaulle pauv’ mec 

    De Gaulle est un minable

    en plus d’être franchement réactionnaire

    1945 - La libération : De Gaulle au pouvoir s’engage dans un partenariat avec les USA. Comme d’autres pays européens : le plan Marshall.

    Notamment avec l’aide de l’argent US, de la CIA et des milices patronales, il organise le désarmement des FFI, brise les grèves, favorise les staliniens aux dépends des base syndicales, installe les politicards complaisants aux manettes. Les collabo retrouvent leurs postes. Le monde populaire traversée par la fièvre communiste rend les armes et se remet au travail.

    Fin des années 50 : la guerre d’Algérie. Alors que le gouvernement français chancelle sous la pression algérienne, De Gaulle utilise ses relais dans l’armée pour instrumentaliser les contingents Algériens anti-indépendantistes. Les militaires venus d’Alger débarqués en corse menacent directement le gouvernement parisien de putsch. Ce dernier cède et donne le pouvoir à De Gaulle qui de sa phrase célèbre "je vous ais compris" adressée aux français d’Algérie, immortalise la duplicité de l’animal.

    Fin des années 60 : sous prétexte d’indépendance de la France en matière nucléaire et militaire, De Gaulle quitte l’OTAN. Libéré des contraintes de la non prolifération imposé par l’OTAN, le pouvoir français organise la diffusion de la science nucléaire. La technologie et les savoirs sont américains, les enjeux stratégiques également. La guerre froide est de rigueur, l’indépendance attendra.

    Fin des années 2000 : les stratèges de l’État entendent mettre les écrits de De Gaulle au programme des Terminales Littéraires. "Mémoire de guerre" comme élément central de la pensée occidentale.

    On s’interroge...

    BoZe


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  • 18 mai:  psycholitique 

    L’anarchie en principes

    Le communisme en pratiques

    La perspective d’un avenir et sa formulation, son élaboration, ne sont que les prémices de la doctrine.

    En plus d’une réduction grossière de la réalité, cette opération intellectuelle se révèle inévitablement démentie par le cours de l’histoire.

    A cette question si souvent posée :

    que proposes tu ?

    Il n’est pas de réponse à avoir.

    La seule chose sur laquelle on peut avoir une emprise, aussi mince que possible, c’est soi-même ; et c’est aussi la seule façon d’agir dans l’idée que les choses puissent être changées.

    L’humanité et ses rythmes s’élaborent à partir de l’individuel ; et s’il est indispensable de comprendre l’ensemble - avec l’espoir de le changer - c’est afin de se comprendre soi-même.

    Bouleverser nos matrices intérieures, et c’est alors le monde autours qui se recompose.

    Et pour cela, point besoin de proférer : provoquer la rencontre suffit - se révéler par confrontation à autrui.

    Si le nombre permet beaucoup, il ne détermine pas tout. La qualité du lien est la condition nécessaire : la possibilité immédiate d’autre chose.

    L’autorité ne craint pas les foules en tant que telle, elle craint la détermination, fût-elle l’obscur projet de quelques-uns.

    Je propose l’anarchie et ses principes.

    C’est-à-dire ?

    La perspective d’un nouveau regard. La possibilité d’une nouvelle puissance : s’affirmer et converger.

    A celui ou celle qui entend baliser la route et convertir, il faut lui dire : ton pouvoir est bien en deçà de ce que tu oses prétendre, car en vérité de nos destinées tu ne peux absolument rien en faire.

    Les autres ne sont pas des sujets, mais ta possible libération : apprends au lieu de savoir.

    Les autres suivront - peut-être, parfois.

    BoZe


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  • 6 mars:  death to EPR ! - mort à l’EPR ! Ne plus risquer nos vies pour vos euros ! 

    Sarkozy ! Ecoute ! tous tes copains aussi, à Areva, à EDF ! C’est le moment où jamais de renoncer au délire nucléaire ! Les révélations que nous venons de découvrir sont exorbitantes. (voir notre extrait en bas d’article et sa source ici)

    Nous ne voulons plus, nous autres Français, au nom de la France, vendre une technologie avec un tel niveau de risque pour les humains.

    Nous savons trop que la technologie nucléaire, aussi sécurisée qu’elle puisse être, ne sera jamais complètement sûre ! Vous nous répétez d’ailleurs toujours plus fort que "le risque zéro n’existe pas", comme si vous vouliez nous préparer à de nouvelles catastrophes. Le pire est que vous aurez raison : il est sûr que des hommes et des femmes périront tôt ou tard dans un nouvel accident nucléaire. Comment, statistiquement, en jouant avec de tels niveaux d’énergie, pourrait-il en être autrement ?

    Alors c’est le moment. Nous avons peur et nous savons que nous avons raison d’avoir peur. Vous ne nous rassurerez pas avec des ingénieurs et des communicants payés pour vendre votre technologie.

    Voici le texte de conclusion d’un article d’un présumé technicien d’EDF ayant fuité :

    " L’EPR d’Areva est un réacteur inexploitable sans de notables impasses sur la sûreté. Il n’est pas conforme au Rapport de sûreté concernant la chute des grappes (AAR) en cas d’accident grave (EDG) ; le matériel n’est pas classé pour les accidents induisant plus de 1% de crayons combustible cassés. Pourtant, un récupérateur de corium est censé collecter la fusion de 100% du cœur... Malgré des modifications majeures du pilotage réalisées sans aucune transparence, EDF va prendre des risques inconsidérés pour tenter de rentabiliser à tout prix son investissement. Sans « RIP », l’EPR pourrait être exploité à perte. Avec « RIP », l’EPR pourrait conduire à notre perte. "

    source : www.sortirdunucleaire.org

    xa


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  • 28 février:  F Ewald, philosophe lobbyeur 

    Répliques, France culture du 27/02. Sujet : principe de précaution. Invités : F. Ewald [dont je décline les titres de noblesse dans ce qui suit], et Olivier Godard, Directeur de recherche au CNRS.

    A un moment de l’émission, il fut question de la téléphonie mobile, par le biais du jugement donné par la Cour d’appel de Versailles début 2009 qui avait provoqué le démontage d’une antenne relais près de Lyon.

    Le monsieur Ewald y explique ingénument (vers la 30e minute) que la Cour d’appel a pu interdire l’installation des antennes-relais pour la raison suivante. Le "Gouvernement" français (sic), suivant le principe de précaution, encadre l’installation d’antennes relais, et par là-même crée une angoisse (sic) au sujet des dites antennes. C’est cette même angoisse qui est justement au l’objet de la plainte des riverains lors de l’installation de ces "équipements publics".

    Une minute après, pour ceux qui auraient cru entendre autre chose, l’auteur reprend le même raisonnement et généralise : "le fait qu’on soit placé dans une situation de précaution, c’est donc qu’il y a une incertitude, que cette incertitude légitime une angoisse, et que donc il est tout à fait normal que le plaignant soit angoissé"

    Ne connaissant pas les diverses activités de M. Ewald au moment de l’émission, je me dis qu’une telle lecture ne pouvait être que celle d’un manipulateur, à moins d’être celle d’un abruti.

    Car les riverains des antennes n’invoquent pas du tout une quelconque "angoisse", mais bien "des maux de tête violents, des palpitations cardiaques". Disons-le vertement, les gens qui souffrent dans leur chair des champs électromagnétiques pulsés (qui sont nombreux, et sont recensés par ) se foutent pas mal de l’angoisse générée par le principe de précaution ou par son application !

    Ewald lâchera pourtant peu après que concernant la technologie de la téléphonie mobile, "toutes les autorités constatent qu’elles ne comportent par ailleurs aucun risque".

    Etrange déni du principe de précaution ! Et en même temps, flagrant délit d’incohérence, puisque quelques minutes auparavant le même nous expliquait la "situation de précaution" qui entourait l’installation des antennes par le Gouvernement...

    Mais, après une rapide recherche biographique, il apparaît que notre homme n’est pas le sage désintéressé que pourraient évoquer son titre de philosophe, ou de président de l’Observatoire du principe de précaution. En effet, le même homme est aussi, à ses heures perdues, membre du Comité scientifique et éthique d’AREVA, et membre du Conseil d’Administration de l’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM). Toutes activités inconciliables, faut-il le dire, avec une position d’observateur (impartial) de l’application du principe de précaution.

    Traduisons simplement que F. Ewald est "Monsieur Précaution" pour les lobbies industriels français !

    Sachant cela, faisons un dernier et rapide retour sur l’émission. Disons qu’un "lobbyiste" fasse ce pour quoi il est payé ne pose "pas de problème particulier". Ce qui par contre est tout à fait regrettable, c’est que personne ne lui donne vraiment la réplique....... Car en guise de contradiction, nous n’avons eu qu’une surenchère sur la forme, en l’occurrence une discussion de principe sur un principe... dans une émission où la contradiction a, par excellence, droit de cité.

    Alors : est-ce que c’est en connaissance de ses activités de lobbying industriel qu’Alain Finkielkraut a invité FE ? Est-ce que, par exemple, AF a lu le rapport de FE intitulé "Un grand Désarroi, l’expérience du principe de précaution par les industriels", dont le titre seul fait frémir...... http://www.o-p-p.fr/ rubrique "industrie"

    Toutes questions dont nous aimerions pouvoir publier prochainement les réponses.

    xa


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  • 16 février:  nos "petites" habitudes 

    Je suis d’accord pour construire des systèmes parallèles, favoriser l’entraide, la constitution de dynamiques collectives et de groupes autonomes... En résumé : expérimenter le commun en se débarrassant autant que possibles des tutelles étatiques ou économiques.

    Je constate aussi la fâcheuse tendance qu’a toute organisation (prise au sens large de : "être ensemble") de rejeter les forces qui s’opposent à elle ou qui ne vont pas exactement dans la même direction ou par des chemins différents. Plus encore, le problème est d’ancrer la dynamique collective sur ce seul rejet. La xénophobie est exemplaire en ce sens.

    Le danger de toutes formes d’organisation (ou stratégies) est de les voir se constituer et s’enfermer sur la base de quelques repères idéologiques en créant une dynamique d’opposition fictive à un extérieur vague ou caricatural. Or, la reconnaissance de la différence (et par suite des contradictions qui leur donne vie) comme fondement du politique est à mon sens primordiale : il s’agit que les femmes et les hommes puissent vivre ensemble sans se dominer outrageusement sur la base de leurs différences inévitables.

    Il est évident qu’être ensemble s’élabore selon certaines affinités ; mais le collectif ne se réduit pas à cela, et heureusement : faudrait-il savoir séduire ou démontrer pour être réputé comme allié ? C’est pourtant ce qui se passe effectivement dans nombre de regroupements. L’idéal socialiste n’est pourtant pas celui-là.

    Pour ce qui m’intéresse ici : cette forme possible de ségrégation, de construction identitaire fictive et figée, la catégorie « révolutionnaire » la porte à merveille.

    Il s’agit d’en finir avec cette représentation triviale de la révolution qui sépare irrémédiablement celles et ceux qui le revendiquent et celles et ceux supposés ne pas l’être ; et non pas seulement parce que c’est idiot, mais surtout pour ne pas sombrer tête première dans l’isolement auquel confine spontanément toute activité de subversion ou d’émancipation. Cet isolement est non seulement difficile à gérer, il épuise les nerfs, mais plus encore : il offre une cible de choix aux techniques de répression.

    Le replis et la défiance passent toujours par une réduction de la réalité, et donc du langage. L’usage des symboles est utile à ces fins. Il apporte aussi quelques facilités : l’identification rapide. Mais cette simplification pose le problème de la caricature d’un mouvement complexe, multiforme et autrement plus subtil que la vision grotesque d’anarchistes masqués en train de scander des slogans. Lorsque qu’il constitue l’unique fondement du collectif, ce simplisme devient nuisible, non seulement en facilitant la tâche des faiseurs d’opinion avides de discréditer pour masquer tout contenu politique, mais bien plus en neutralisant la nécessaire critique des dynamiques émancipatrices où certaines tendances autoritaires ou discriminatoires s’établissent, protégées par le recours facile à quelques rhétoriques ou symboliques considérées un peu vite comme garanties suffisantes.

    Le gauchisme est la caricature de cette tendance, l’anarchisme la porte de façon moins visible ; mais sous couvert d’auto-organisation, de libre initiative et de pseudo pureté, il n’en évite pas moins cette tendance a-critique, qui consiste à se faire le juge de tout ce qui existe - ce qui en soi ne me choque pas - sans daigner admettre que cette critique touche aussi celles et ceux qui la formulent. Et l’on s’étonne du peu d’attrait du milieu révolutionnaire : incarnations auto-proclamées tout aussi arrogantes que la plus misérable des crapules.

    Il faut être en mesure d’admettre que tout autant que les autres, nous sommes soumis à des normes qui traversent l’ensemble du corps social : marchandise, isolement, autoritarisme, rapports de classe, de sexe, de race, etc.

    Rien ne sert de stigmatiser celles et ceux qui ne sont pas végétariens, ou qui aiment le football à la télé... Il ne s’agit pas d’accepter le bien fondé de ces pratiques, mais de comprendre qu’elles ne relèvent pas simplement du libre choix ou d’une quelconque intelligence. Afin d’éviter de sombrer dans un moralisme impuissant - tel que peut le faire un "révolutionnaire" se sentant digne de juger son voisin pour ce qu’il est ou ce qu’il fait - il s’agit de garder la focale sur les déterminants politiques et sociaux qui imposent ces pratiques, non seulement à l’ensemble, mais à chacun de nous, que l’on soit réactionnaire ou anarchiste.

    Les conséquences pour les uns et les autres ne sont évidemment pas les mêmes, mais c’est une autre histoire, celle que les marxistes problématisent par le concept de "classe sociale". Et si l’on peut contester l’absolue pertinence du concept, on ne peut s’affranchir de ce qu’il postule : la société n’est pas un agrégat indistinct, ni même en décomposition - et nos existences sont toutes à la fois produit et producteur d’une réalité qui est défini notamment par la distribution sous contrainte de propriétés sur les gens et les choses, sur la base de fonctions discriminantes (capital, culture, race, sexe, etc). C’est de là qu’il faut partir.

    Le mouvement révolutionnaire actuel prône la solidarité tout en se défiant de la plupart. Il invite à adhérer à des propositions tout en maniant l’insulte du bourgeois consommateurs, amorphes ou stupides. Pour finalement aboutir à la critique simpliste qui stigmatise celles et ceux qui « ne sont pas comme nous » - c’est-à-dire celles et ceux qui nous ressemblent effectivement beaucoup trop, et que la critique permet de rejeter dans un ailleurs dont on aimerait se voir indépendant. Il s’agit d’en finir avec cette illusion que l’on peut être en dehors, qu’il suffise de faire les bons choix, qu’il s’agisse de courage, de clairvoyance, etc. C’est la seule raison d’être révolutionnaires aujourd’hui : parce que justement cette liberté là nous est impossible, cette responsabilité nous est enlevée.

    Celles et ceux qui regardent TF1 sont pleinement conscients de cette limite que la réalité impose. Il s’agit de trouver les moyens d’une libération, en premier lieu à partir de nos pratiques et de nos limites, et non de s’affranchir de cette (parfois pénible) expérience en se reposant sur une critique qui ne nous concernerait plus.

    un texte intéressant ici.

    BoZe


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  • Décembre 2009:  nik la société 

    Par quel mécanisme l’étant se combine avec sa contestation ?

    Par quel mystère le système productiviste actuel - le capitalisme - se conjugue t-il aussi facilement avec les sujets même de son opposition ?

    Ou encore : comment affronter ce qui est en cours sans encourager la mécanique ?

    Cette question est au cœur de la critique faite à l’émeute et plus généralement à toute forme sauvage de réappropriation, de sabotage ou de contestation.

    Elle fait aujourd’hui l’actualité - souvent dans le pire (de son traitement).

    Dans les années 70, les combats de rue n’étaient pas rares, les recours au sabotage fréquents, et diverses formes de contestations se passaient de toute voie légale pour affirmer un objectif : la mise à mort du système capitaliste. Recouverte d’une snobe commémoration faisant de 68 une libération de la pornographie, on a aujourd’hui du mal à penser cette époque comme elle le fut vraiment : proprement révolutionnaire (en France notamment : la plus grande grève sauvage de l’histoire contemporaine).

    Les commentateurs ont eu vite fait d’enterrer cette intensité parcourant l’ensemble des sociétés industrielles, en tirant une rapide conclusion : l’extrémisme révolutionnaire est une mauvaise stratégie. La première entourloupe sémantique pour aider à poser ce constat sans appel fut d’englober la multiplicité des pratiques et des doctrines de l’époque en un seul mot : la violence. La puissante contestation émergeant en plusieurs points du globe fut réduite à cet unique canal, mot évocateur agissant dans l’émotif, mais dépourvu de toute capacité d’enseignement sur ce qui s’est réellement joué.

    Nous apprenons que "le recours à la violence" (il n’est jamais expliqué : cela va de soi, comme toute fumisterie qui s’impose) est une voie sans issue, et qu’il suffit de constater les conséquences pour s’en convaincre : achèvement de la contestation, effondrement des utopies, victoire complète du capitalisme le plus sauvage ; je dirais : du capitalisme dans sa forme pure : la loi de ceux qui possèdent.

    La thèse de « l’erreur » est soutenue par une grande partie de l’élite intellectuelle qui à l’époque se considérait comme à la pointe du gauchisme radical et qui a eu vite fait de se recycler dans des secteurs d’activités plus traditionnels : services de l’Etat, partis politiques, médias, recherche universitaire, consulting, sciences sociales, etc. Cette reconversion aide en partie à mieux comprendre pourquoi la thèse de l’erreur est si puissamment relayée et si peu critiquée. Celles et ceux qui sont aujourd’hui maîtres de l’appareil à penser légitiment ainsi leur trajectoire qui a consisté à devenir commentateurs éclairés de la triste défaite en acceptant les règles que le capitalisme victorieux leur imposait. Leur supposé renoncement révolutionnaire (combien étaient sincères ?) est présenté comme l’évidente intelligence d’avoir compris les limites de l’opposition frontale au système.

    Il est pourtant une raison simple qui pourrait expliquer l’échec de la tentative révolutionnaire des années 70 : elle n’était pas assez forte. Ou plus sûrement, ce qu’elle combattait était trop puissant. En faisant reposer la défaite sur les épaules de celles et ceux qui ont combattu, on oublie un peu vite les moyens par lesquels l’Etat a vaincu. En Italie, où le mouvement autonome était populaire et puissant, les services secrets n’ont pas hésité à faire péter des bombes aux heures de grande affluence pour ensuite justifier l’emprisonnement arbitraire de milliers d’opposants. Aux USA (et Europe), l’introduction subite d’héroïne à dose massive et bon marché dans les milieux radicaux fut une belle idée. En Allemagne où la très populaire bande à Baader œuvrait à la sape du pouvoir, les membres emprisonnés ont tout simplement été assassinés ; De même que les leaders des Black Panthers aux USA, liquidés par les petites mains du pentagone.

    Bien plus que ces quelques manigances sordides, il faut comprendre la force d’une autorité, et la faiblesse d’une population encore baignée du tout confort industriel (et son mirage).

    Erreur ?

    La question se repose aujourd’hui. Car si l’illégalisme, le recours à l’émeute, au sabotage et autres activités subversives n’ont jamais disparu, même en Europe, ils font leur réapparition en tant que stratégie offensive. Au delà des contestations "défensives" visant à protéger des acquis, l’illégalisme et l’action directe sont aujourd’hui motivés à nouveau par des formes positives de pensée : changer le monde.

    Il s’agit d’envisager cette activité qui se veut libératrice autrement qu’en l’enfermant immédiatement dans l’idée naïve que « cela a déjà été fait ». Ou sortir de l’impasse de la disqualification de pratiques dites violentes en des termes moraux [La violence n’est pas d’abord une « catégorie morale », mais un rapport social - dixit : Claude Guillon ]

    Car bien évidemment, le recours à la loi, aux médias, et autres gymnastiques réputées tolérées par les foules républicaines sont elles aussi des choses qui ont déjà été faite. Et l’on voit bien - sans parler d’erreur - que cela ne suffit pas.

    BoZe


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  • Décembre 2009:  La Propagande verte 
    décryptage d’un spot Grenelle de novembre 2009

    Sur ce spot. Pourquoi l’État a-t-il besoin de la publicité ? L’Etat a-t-il quelque chose à vendre (la place de ses élus actuels) ? Aurait-il quelque chose à cacher (qu’il traite le problème de manière réprochable) ?

    Ce "spot" reste en tout état de cause, tout à fait effarant. Voir le monde prétendument "ancien" (celui des années 2000) labouré, littéralement retourné par blocs entiers, m’a tout de suite fait penser aux nanotechnologies et au désir de contrôler et de réorganiser la matière, y compris la matière vivante.

    L’inconscient n’est plus ce qu’il était (caché) puisqu’il est désormais intégralement présenté.

    Je ne vois pas comment les inventeurs de ce spot ont pu échapper à ce point à ce qu’un tel labours du monde évoque de débauche d’énergie...

    La terre à ce point malmenée ne peut que faire penser (quelqu’un de sensé) à la perspective contraire : la catastrophe que le Grenelle n’évitera pas.

    xa


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  • Novembre 2009:  Bienvenue dans un monde nouveau 
    L’eus-tu cru que l’Oncle Ben’s finirait par abandonner les siens ?

    Des Américains qui ont faim. Pas 50 000, ni 100 ou 200 mille, mais des dizaines de millions de foyers ont connu des restrictions ou des modifications importantes de leurs régimes alimentaires. Lire ici et ici pour la source originale.

    Le rêve américain en prend tout de même un sacré coup.

    Et puis, dans le genre dégringolade, au pays de Schwarzzi :
    -  on va travailler moins dans la fonction publique, pour dépenser moins ;
    -  et on réduira aussi les prestations aux handicapés, le sport à l’école, les classes vacances, etc. (même source que précédente)
    -  on va peut-être légaliser la marijuana pour combler le déficit public

    Arizona, Connecticut, Kentucky, Mississippi, Caroline du Nord, Ohio et Pennsylvanie connaissent des problèmes similaires. Ok, sherif, je me rends : je ne comprends plus rien au monde d’aujourd’hui.

    xa


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  • Novembre 2009:  t’as de la chance ! ... normal, t’es né en mai 

    Partant de quelque lecture tirée du pompeusement nommé et néanmoins excellent Institut métapsychique International, j’en suis revenu à ces sujets, toujours aussi importants pour moi (même si peu fréquentés), de "personnalité en lien avec l’univers"....

    Eh bien il semble que la recherche en psychologie de la personnalité avance justement vers le "fait cosmique". Je me suis donc aperçu, à la lecture de cet article, non seulement de ma propre inculture sur cette progression, mais plus "localement", qu’on était bien en train d’établir une corrélation statistique entre le mois de naissance, ou plutôt, au stade où nous en sommes, entre la saison, et des traits de personnalité.

    Résumé de ce qui a été montré par cette étude : "In both genders and in all age groups, birth during the summer half-year was associated with significantly higher belief in being lucky, as compared to birth during the winter half-year, with a maximum around birth in May and a minimum around birth in November."

    Quelques passages traduits : "il est désormais établi [grâce à un ensemble d’études qui précèdent] que la saison de naissance est corrélée à divers troubles neurologiques comme la schizophrénie, épilepsie, les tumeurs au cerveau. (...) L’influence de la saison de naissance sur l’évolution du cerveau est également étayée sur des études concernant le renouvellement de la monoamine (un neurotransmetteur). Sur un groupe de patients atteints de troubles de l’anxiété (Suède), on a puy établir une corrélation entre ces troubles et trois métabolites : le HVA, le 5-HIAA et le MHPG dans le fluide cérébro-spinal (CSF). Les niveaux de HVA et de MHPG ont en effet montré un maximum pour les personnes nées en novembre-décembre et un minimum pour celles nées en mai-juin. On considère généralement que la quantité de ces métabolites est directement responsable d’un meilleur renouvellement des neuro-transmetteurs correspondants. une étude plus récente menée aux US confirme que des enfants nés en novembre-décembre montrent des taux de HVA et MHPG supérieurs.

    D’autre part, différents traits de la personnalité ont été corrélés différents neuro-transmetteurs ; un faible renouvellement de la sérotonine est associé à l’impulsivité, l’agressivité, ou des traits correspondant à l’anxiété tels que le névrosisme et les conduites d’évitement du danger (harm avoidance), alors que le faible renouvellement de la dopamine induit plutôt des conduites d’exploration et de recherche de la nouveauté.

    En utilisant le système de personnalité TCI, on a montré que les personnes nées en hiver étaient moins concernées par des traits comme la recherche de la nouveauté, en comparaison des personnes nées en été.

    Le sentiment d’avoir de la chance, correctement corrélé au NEO FFI (five-factor personality inventory), tout comme la capacité à croire en soi-même [gnre méthode Coué], sont positivement plus fréquentes (statistiquement parlant) pour les personnes nées en mai-juin et positivement moins fréquentes pour les personnes nées en novembre-décembre.

    xa


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  • Octobre 2009:  Coopérativement 

    A l’heure où l’on se suicide dans les services publics en instance de privatisation, où le travail est dévoilé dans sa profonde inhumanité (rapidement, rentabilité maximale de l’humain = déshumanisation), il me tient à coeur de conter en quelques mots l’heureuse histoire qui est la mienne, qui m’est arrivée avec mon hébergeur, la coopérative Ouvaton.

    D’autant plus heureuse histoire que j’ai pu faire, il y a peu, l’épreuve interminable et profondément révoltant, de la "relation client" avec un de ces "opérateurs" du monde 2.0... Pour ne pas le nommer, Iliad / free. Qui a pu assister à la "mise à mort du travail" diffusée il y a quelques jours sur france 3, en sait un peu plus sur l’horreur qui suinte d’une boite de services "moderne"... horreur qui m’a hanté pendant plusieurs mois -- mais cette histoire-là mérite un autre billet.

    Aujourd’hui, je tire ma révérence à Ouvaton, et à l’un de ses associés. Après une tentative malheureuse de faire migrer ce site vers une version plus récente de spip, je me suis retrouvé dans l’impasse. Techniquement : ayant finalement trouvé trop fastidieux de refaire ce site sous la version 2 de spip, j’ai voulu revenir à mon ancien site, mais ma base de données, marquée par spip 2, était devenue inutilisable (sauvegarde préalable de ma base mal faite, mea culpa).

    Bref, rien n’obligeait Ouvaton à me sortir de cette sale affaire. Car oui, plusieurs échos m’ont fait comprendre que revenir à la base de données de départ était "impossible". Mais ce dimanche-là, mon interlocuteur a décidé de prendre le temps de m’aider...

    [10:59] hello [10:59] seulement c’est PL qui a suivi mon "dossier" [10:59] je reprends ? [11:00] ou vous pouvez jeter un oeil à mes derniers posts ? [11:00] http://assistance.ouvaton.coop/ticket.php ?track=ferfrefrefrfe

    (...)

    [11:52] <@ld> fonge : je suis dispo. [11:53] super [11:53] vous pouvez jeter un oeil sur mes échanges avec Phiippe ? [11:54] <@ld> sur le panel-admin ? ou dans l’assistance en ligne ? [11:54] euh [11:54] <@ld> par courriel ? [11:54] j’ai mis un lien ça doit être l’AEL [11:54] <@ld> sur les news ? [11:54] non [11:55] http://assistance.ouvaton.coop/ticket.php ?track=V1NSU25M6L&Refresh=38319 [11:55] ça marche pas ça ? [11:55] <@ld> ok [11:56] <@ld> je suis en train de lire [11:56] np [11:58] <@ld> ok [11:58] <@ld> Peut-on se tutoyer ? [11:58] yep [11:59] <@ld> Tu n’as qu’une seule base de données.

    (etc.)

    [12:11] <@ld> c’est bien ça [12:11] yep [12:11] <@ld> La base kaos n’est donc plus en version 1.7 [12:11] laquelle ? [12:11] pardon [12:11] oui [12:11] enfin non, elle ne l’est plus [12:11] <@ld> Si elle a été passée en spip2, alors c’est foutu (je pense) [12:11] <@ld> on ne peut pas migrer la base de données de spip2 à spip1.7 [12:11] c’est que m’a dit philippe il me semble [12:12] mais ce que je ne comprends pas [12:12] .. [12:12] c’est qu’on puisse accèder à tous les acrticles via l’interface publique du site [12:12] en gros, que ça marche [12:12] ça marche et on peut pas accèder au site privé [12:12] comment est-ce possible ? [12:12] <@ld> deux raisons : le cache toujours présent, et la table articles qui n’a pas dû changer [12:13] <@ld> entre les deux versions [12:13] ah ok [12:13] bon [12:13] et cette table articles, on peut pas la récupérer ? [12:13] ou le cache ? [12:13] enfin je sais pas [12:14] et vous vous gardez pas des backups ? [12:14] <@ld> pas de la base de données je crois [12:14] <@ld> je n’en suis pas sûr [12:15] <@ld> Ce qu’on pourrait essaye de faire, c’est d’exporter la base de données actuelle [12:15] ouai [12:15] celle de spip 2 [12:15] <@ld> ensuite installer la version 1.7 toute neuve [12:15] <@ld> celle sur kaos [12:16] <@ld> et ensuite, essayer de réintégrer les articles, les auteurs, les rubriques, etc. Ça risque d’être joliment coton.

    (...)

    [12:26] <@ld> je regarde à quoi ressemble la base sous spip 1.7 [12:26] merci [12:38] <@ld> j’arrive à comparer [12:38] <@ld> Ça va pas être facile mais j’essaye [12:40] <@ld> j’ai fait les documents, c’est pas suffisant, je continue [12:42] <@ld> idenx_dico fait, ça suffit pas [12:45] euh c’est un peu du chinois, mais la Chine c’est l’avenir ! [13:05] <@ld> J’ai supprimer les tables en trop, remodelée une, ajouté celles qui manquent.

    (...) [14:13] <@ld> suspens [14:15] $GLOBALS[’meta’][’version_installee’] = ’14272’ ; [14:15] <@ld> je viens de changer dans la base de données, dans la table spip_meta, la version. [14:15] <@ld> Essaye, moi j’arrive dans l’espace privé [14:16] hehe on dirait [14:16] que ça [14:16] marche ! [14:16] j’aiaccès à nouveau à l’espace privé [14:17] <@ld> ouf, après 2h25 dessus, heureusement. [14:17] <@ld> Je vais fermer le ticket, ok ? [14:17] bravo [14:17] c’est super

    xa


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  • Mai 2009:  objectif de carrière 

    Les adultes sont les promoteurs de l’ordre. Les enfants comprennent sans le savoir qu’il est vain de lutter contre l’évidence du chaos.

    Les adultes sont des esclaves bornés : ils se mettent "au service de", le foutoir les angoisse - ils y reconnaissent leur déchéance. Classer, trouver sens, prendre place : le gouvernement de la peur.

    Le jeu consiste à démanteler systématiquement les équilibres que le monde impose comme repos, quête, logique ou confort ; il n’y a aucune aventure à s’orienter vers une fin prévue - voilà pourquoi la mort est si terrible : non pour ce qu’elle est, mais pour son impitoyable prévisibilité.

    Cet impératif de rébellion est simple. Il n’est pas besoin de s’immoler par le feu ni de prier n’importe quel dieu : il suffit de faire l’exact contraire de ce que l’on attend de vous, ce qui est plus ou moins interdit. Éviter les sages conseils et n’en faire qu’à sa tête.

    S’agissant du "couple", mais comme de toutes choses, c’est refuser la fatalité qui s’impose. Paradoxalement, la fatalité n’est jamais donnée. C’est un acquis, et c’est donc assez compliqué, car l’acquis est le fait d’un ensemble, et l’ensemble est partout, tout aussi bien en soi. c’est comme une lutte, et dans la joie si l’on peut, sinon à quoi bon.

    Cet impératif, les amoureux le savent - peu importe ce qu’ils en pensent. Le fondement de leur complicité : se libérer des attaches - terrestres. C’est leur mort annoncée que de renoncer à cet impératif, que d’échouer par la réciproque à oublier le monde qui impose. C’est le plus souvent ce qui arrive, car les amoureux, par la force de cette fatalité et de façon paradoxale, veulent se libérer de leurs chaînes en reproduisant ce que les gourous de la castration ont envisagé pour eux comme "amour".

    Est-ce par orgueil que les amoureux érigent des barrières au sein même de leur entente ? Aimer envers et contre tout, La complicité comme une épreuve désolante ? L’amendement de pensées libertaires, l’ignifugation d’une révolte dans un cocon d’épine ?

    L’amour n’a rien à prouver, il conteste.

    En plus de donner naissance à des enfants, il fait l’histoire (les enfants sont l’histoire en route).

    Révolutionnaire : se libérer des contingences que la morale impose. La morale est partout - garantie tenace d’une réalité toujours renouvelée.

    les révolutions sont le fait des amoureux. L’arrogance qui la compose est le fait des nouveaux maîtres ou des futurs esclaves, non des puissances qui boivent et baisent, en attendant la mort - en criant mort aux vaches, derrière les piètres barricades de la vie, faisant la nique aux stériles murailles de l’ordre.

    BoZe


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